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La Voix du Nord - Edition du samedi 21 juillet 2007


SANTÉ
La reconnaissance d’un traitement de l’autisme suspendue à la décision du préfet

 X.Bertrand et la mère d’une petite fille autiste suivie à Camus.

Interpellé en mars par une lectrice (dans le cadre d’une rencontre organisée par notre journal) sur la reconnaissance de la méthode ABA dans le traitement de l’autisme, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé s’était saisi du dossier.
Depuis, les familles oscillent entre désarroi après le rapport défavorable d’un comité régional et espoir que le préfet de région Daniel Canepa surseoit à ces conclusions.
« Si la vie de leur enfant (autiste) est changée, on n’a pas le droit de dire que, sur le papier, cela ne marche pas.
 » L’engagement de Xavier Bertrand dans nos colonnes avait rempli d’espoir les familles qui ont choisi le traitement ABA (analyse comportementale appliquée) pour leur enfant souffrant de troubles envahissants du développement ou du comportement (dont l’autisme). Prudent, le ministre de la Santé d’alors conditionnait reconnaissance et financement au rapport d’un comité sanitaire.
« Défavorable », l’avis rendu en juin par le CROSMS (comité régional de l’organisation sociale et médico-sociale) a depuis condamné le centre Camus de Villeneuve-d’Ascq, qui dispense le traitement ABA à ne pas rouvrir en septembre. À moins que… Quelques mots, écrits à la main par le préfet Daniel Canepa au bas d’un courrier personnel à une mère de famille dont le fils est suivi au centre Camus, voilà tout l’espoir qu’il reste.
Pas un engagement définitif, non, mais l’assurance que le haut fonctionnaire fera son possible pour maintenir la pérennité du centre. Avant de rendre une décision, la seule à pouvoir contredire celle du CROSMS, Daniel Canepa « attend les conclusions d’une d’évaluation nationale de la méthode cet été » indique une source préfectorale.

Crédits ?
Cette évaluation, c’est Philippe Bas, ministre de la Santé pendant la campagne présidentielle, qui en révèle l’existence en avril. Lancée en 2005, ses conclusions sur « toutes les méthodes de prise en charge de l’autisme en France et dans le monde » doivent être rendues à l’agence nationale d’évaluation sociale et médico-sociale cet été. C’est donc pour avoir une nouvelle carte en main que le préfet reporte sa décision concernant le centre Camus, dont il rencontrera par ailleurs la directrice à la fin du mois d’août.
Si Daniel Canepa délivre l’agrément expérimental à la structure qui survit grâce à des dérogations régulièrement remises en cause, le ministère pourrait débloquer des crédits. Philippe Bas s’y était engagé dans un courrier à une famille : « 35 places seront financées pour une somme d’1  million d’euros sur l’enveloppe nationale des places anticipées », sous réserve d’un avis favorable du CROSMS. •
CLAIRE COUILLEZ-BROUET
PHOTO ARCHIVES PHILIPPE PAUCHET

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