La Voix du Nord - Edition du dimanche 30 septembre 2007
Daniel Percheron : « On ne cédera jamais »
Daniel Percheron, président de la Région, est combatif. Peu de temps après l’entrée d’élus régionaux à l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH), il promet de prendre les choses en main. Pour inverser une désastreuse tendance, quitte à bousculer l’ordre établi.
– Des élus du conseil régional entrent à l’ARH. Faut-il y voir une prise en main de la politique de santé ?
« C’est la première fois – depuis 1945 – qu’une collectivité locale a la possibilité de rentrer dans le mécanisme de financement, de décision, de la politique de santé. Cette décision m’a semblé évidente car la situation de notre région est révoltante. Nous saisissons la première occasion d’assiéger la bastille du système de soins français. Je dis aux responsables de l’ARH : laissez-nous rentrer et permettez-nous de faire évoluer le système de soins du Nord - Pas-de-Calais vers plus d’équité, plus de justice, plus d’efficacité. En rentrant à l’ARH, je considère que j’ai une obligation de résultats. Ça ne peut plus durer. Il faut que nous n’ayons plus ces tristes records dans dix ou quinze ans. Car le vrai problème jusqu’alors est qu’il n’y a pas de politique régionale de santé (comme la formation, le développement économique, les transports…). Nous dirons maintenant quels sont les axes fondamentaux et on ne cédera jamais. »
– Entre autres problèmes, la région manque de spécialistes. Avez-vous des propositions ?
« Je pense qu’il faut inciter les étudiants par un système de bourses, de salaires quand ils étudient avec comme contrepartie une signature les engageant à travailler cinq ans ou dix ans dans le Nord - Pas-de-Calais, avec même une prime d’installation. Quand je dis ça, beaucoup me disent : ça ne marchera pas. Mais dans le même temps, personne ne fait de contre-proposition. Je souhaite vraiment que la région aille vers l’incitation. Je propose qu’on mette en place ce système, en même temps que l’ouverture d’une première année de médecine à Boulogne-sur-Mer. »
– Réclamez-vous des moyens supplémentaires de la part de l’État ?
« Je réclame qu’il fasse son devoir d’État. Ça a été une forme de forfaiture silencieuse de nous retirer les 30 M€ annuels que Martine Aubry avait mis au nom de la péréquation et qui au bout de dix ans, nous auront mis – pour l’hôpital public – au niveau des autres régions. Même si je sais que ce n’est pas facile… »
RECUEILLI PAR B. VI.
> Le conseil régional contribuait déjà à des actions de santé (17 M€ par an).