La Voix du Nord - Edition du dimanche 30 septembre 2007
RENCONTRE
Roselyne Bachelot : « Des réformes destinées à combattre les inégalités »
À la veille de sa visite dans la région ce lundi, Roselyne Bachelot nous a reçus au ministère de la Santé. Une interview sur la santé du Nord - Pas-de-Calais et les réformes de la Sécu.
RECUEILLI PAR HERVÉ FAVRE ET BERNARD VIREL
region@lavoixdunord.fr
PHOTOS PIERRE LE MASSON
– Notre enquête a révélé l’état sanitaire très inquiétant de la région. Face à cette situation, êtes-vous favorable à une « discrimination positive », des moyens supplémentaires, en faveur du Nord - Pas-de-Calais qui en a déjà moins que d’autres ?
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– La région souffre d’un manque de médecins généralistes, et surtout de spécialistes. Que comptez-vous faire ?
« Tout d’abord, je suis tout à fait contre l’obligation d’installation… Mais les Français doivent avoir un égal accès aux soins. Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, il faut que les médecins me fassent des propositions pour régler les problèmes de démographie médicale.
J’ai d’ailleurs indiqué que j’étais prête à aller très loin dans les mesures incitatives. Si celles-ci ne marchent pas, il faudra étudier les différentes possibilités qui s’offrent à nous. Nous sommes en train d’étudier les modalités avec les médecins car rien ne peut se faire en dehors de la concertation et de la discussion…. Il faudra des résultats pour régler le problème. »
– Quels sont les chantiers prioritaires dans les années à venir ?
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– Ne pensez-vous pas que la région souffre d’une multitude d’intervenants (ARH, DRASS…) ?
« Vous avez raison de dire qu’il y a une multitude d’intervenants qui ont tous une légitimité résultant des réorganisations profondes faites dans notre pays, et en particulier des lois de décentralisation qui ont laissé des structures parfois concurrentes coexister. D’où le sens de ma réforme qui va permettre de mettre en place des agences régionales de santé. Mais outre l’organisation de la politique de santé et la place des acteurs régionaux, je souhaite que l’agence régionale de santé mène une réflexion sur l’ensemble du système de santé. Car la santé, ce n’est pas que du soin, c’est aussi de la prévention, de l’information. J’ai bon espoir que nous parvenions à créer ces agences en 2009. »
– Vous avez présenté cette semaine un nouveau plan contre le trou de la Sécurité sociale. Qu’est-ce qui n’a pas marché dans les réformes précédentes ?
« Les plans précédents n’ont pas eu tous les effets escomptés mais ils en ont eu. Si on avait laissé dériver les dépenses, on serait sans doute à 20 milliards de déficit annuel. On ne peut pas parler d’échec du plan mais d’une insuffisance de rendement due à deux éléments. D’une part la maîtrise médicalisée n’a pas été accompagnée d’outils suffisamment efficients ; et d’autre part l’arche structurante de la réforme de 2004, le dossier médical personnel, a pris du retard. S’il est trop tôt pour se prononcer sur une date définitive de mise en service, en tout état de cause le déploiement sera progressif. Ce sera une avancée majeure pour les patients et les professionnels. »
– Ne craignez-vous pas l’impopularité de la nouvelle franchise sur les boîtes de médicaments ?
« Un Français sur quatre en sera exonéré, les plus précaires, les enfants, les femmes enceintes. J’ai choisi des franchises sur les postes de dépenses les plus dérivants par rapport au juste soin. Dans notre pays, 90 % des ordonnances se terminent par une prescription de médicaments contre 43 % aux Pays-Bas… Une franchise de 50 centimes par boîte, plafonnée à 50 euros par an, cela représentera au maximum 4 euros par mois. Je sais que ce n’est pas rien pour certaines personnes, mais c’est aussi cela la solidarité nationale face à des drames comme la maladie d’Alzheimer. »









