La Voix du Nord - Edition du vendredi 5 octobre 2007
Pour ou contre la liberté d’installation
Il y a les « pour » la liberté d’installation, il y a les « contre » et ceux qui avancent à petits pas. Sans compter la Cour des comptes qui appelle à mettre en place des sanctions financières.
> Une « pénalisation financière ». – L’assurance maladie et la Cour des comptes sont favorables à une limitation de l’installation des médecins là où ils sont trop nombreux. La Cour des comptes recommande purement et simplement au gouvernement de « mettre en place des mécanismes de pénalisation financière » pour canaliser l’installation des médecins là où ils sont trop nombreux.
> Pour la liberté… – Alice Berl, médecin à Rouvroy : « On doit avoir le droit de s’installer là où on veut. On sait que si on s’installe dans des zones rurales, on travaillera beaucoup, et moins en ville, là où il y a beaucoup de médecins. » L’ordre des médecins soutient aujourd’hui officiellement le mouvement, même si tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde. « Il faut des décisions politiques. Des décisions qui ne feront pas plaisir », expliquait en juin Jacques Lucas, secrétaire général du conseil de l’ordre.
Beaucoup de syndicats professionnels sont pour la libre installation : l’Union nationale des professionnels de santé, les jeunes généralistes, les chefs de clinique assistants, etc.
> Contre… – La Fédération hospitalière de France a clairement pris position contre la liberté d’installation. Son représentant régional, Claude Galametz, répète volontiers sa volonté de « limiter le conventionnement de nouveaux médecins dans les territoires où l’offre est jugée satisfaisante… ».
Les associations des maires de France (des petites aux grandes villes) veulent aussi limiter l’installation dans les zones où les médecins sont déjà nombreux.
> Et les habitants ? – Interpellés lors de notre enquête santé (parue en mars) les Nordistes s’étaient beaucoup étonnés de cette situation : « Pourquoi continuer à former des médecins au CHU de Lille, si, dès le terme de leur formation, ils s’empressent de quitter la région ? Ne devraient-ils pas assurer un minimum d’années au service de la région qui les a formés ? »
> Ceux pour qui c’est déjà acquis… – On en parle peu, mais pour les infirmiers libéraux, c’est déjà réglé…. Le nouveau projet de loi entend régler leur sort et inscrire dans la loi… un protocole d’accord qui prévoit, entre autres, une meilleure répartition des professionnels sur le territoire.
B. VI.









