La Voix du Nord - Edition du samedi 15 mars 2008


Une autre approche de la santé

Si la mobilisation générale est déclenchée pour limiter l’usage des antibiotiques, certains, comme au centre du Quennaumont à Cysoing, rappellent l’importance pour chacun de « prendre en charge sa santé ». De manière globale.
Le centre du Quennaumont à Cysoing a été ouvert en novembre. Il réunit vingt thérapeutes qui mettent en avant « une prise en charge globale du patient : sur les plans physique, psychique et nutritionnel ». Jacques Lesperres, ostéopathe, promoteur du projet, et Bernard Bacquet, homéopathe acupuncteur, nous en disent plus et évoquent leur regard distancié sur les antibiotiques.

 

– Quel regard portez-vous sur les antibiotiques ?
Bernard Bacquet : « J’évite d’en prescrire. Je ne peux être amené à le faire que de manière très exceptionnelle. Par exemple, lors de la découverte d’une angine à streptocoques décelable avec un test local. Ma vocation première est de soigner par des moyens naturels, de proposer des choses différentes. » Jacques Lesperres : « Il ne faut pas oublier qu’au lieu de stimuler votre système immunitaire, les antibiotiques se substituent à lui. Et le problème, c’est que tout en luttant contre l’infection, l’antibiotique détruit la flore intestinale, barrière indispensable pour la qualité de notre système immunitaire. Il faut neuf semaines pour la reconstituer et si l’on retombe malade d’ici là, on a du mal à s’en sortir… D’où l’idée de ne recourir aux antibiotiques qu’en cas de nécessité absolue. »

 

– La consommation d’antibiotiques est en baisse, les mentalités changent… Jacques Lesperres : « C’est vrai que les choses évoluent depuis quelques années, mais les homéopathes tiennent ce discours depuis vingt ans. Il y a des habitudes à changer. Car dans certaines populations, ne pas donner des médicaments, comme des antibiotiques, peut presque être perçu comme un refus de soins. La solution peut être d’expliquer des choses de bon sens. Il faut passer du temps… »

 

– Vous parlez d’une "approche globale". Que préconisez-vous pour garder un bon système immunitaire ?
Bernard Bacquet : « Il faut s’alimenter correctement, avoir une bonne hygiène de vie, limiter le stress même si on sait bien que ce n’est pas évident… » Jacques Lesperres : « … et inciter les gens à se prendre en charge, à être acteurs de leur santé. Il existe des remèdes simples, naturels, qu’on a eu trop tendance à oublier avec le temps. Hors pathologies lourdes évidemment. » •
B. Vi.

 

Retour