La Voix du Nord - Edition du vendredi 18 avril 2008


« Des coopérations plus faciles dans la région »

 Didier Delmotte, administrateur de la FHF. PHOTO ARCHIVES CHRISTOPHE LEFEBVRE

Directeur du CHRU de Lille, Didier Delmotte est aussi l’un des administrateurs de la Fédération hospitalière de France (FHF) qui a publié une carte des établissements « vulnérables ». Il s’explique.

 

– Comment lire cette carte qui mentionne 235 établissements dont douze dans la région ?
« Il ne faut pas la prendre au premier degré. Ce n’est pas une carte des futures fermetures mais un document qui recense les fragilités et les vulnérabilités des établissements à terme. Cette carte, c’est une manière de dire “attention danger” si rien n’est fait. Elle doit inciter les équipes à se poser des questions, à mettre des moyens en commun.

On sait que des établissements vont manquer de chirurgiens, d’anesthésistes… Des hôpitaux qui ont une activité trop faible risquent de perdre leurs praticiens et de se trouver dans une phase critique, il faut donc développer des coopérations à l’intérieur des territoires. »

 

– Comment une telle réforme doit-elle se mettre en place ?
« La notion de territoire est très importante. Il ne faut pas seulement raisonner sur les bassins existants. La métropole, par exemple, c’est au moins deux territoires. Il faut inciter au volontariat pour que les établissements échangent des moyens, utilisent des plateaux techniques en commun, envisagent des regroupements dans certains services. Le but, c’est de rationaliser et de renforcer les plateaux techniques. Le CHRU, par exemple, travaille à des rapprochements avec les hôpitaux de Seclin et d’Armentières. »

 

– La région est-elle prête à cette évolution ?
« Les hôpitaux du Nord - Pas-de-Calais y sont mieux préparés que d’autres. Dans un contexte de difficultés sanitaires, beaucoup ont déjà anticipé.
La région n’a pratiquement plus de petits hôpitaux. Nous ne sommes pas dans une logique de fermetures mais d’échanges et de mise en commun de moyens. Il faudra poursuivre dans la constitution de pôles communs.
C’est une démarche positive qui doit permettre de renforcer le service public en dépassant la notion de “beffroi”. On va y arriver, je suis optimiste. »  

 

 
PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE SERRA


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