La Voix du Nord - Edition du vendredi 18 avril 2008


Le Cateau avait un train d’avance

 La convention pour le regroupement entre la clinique, l’hôpital et le cabinet de radiologie a été signée en décembre2006.

Rapprochement public - privé, maison médicale de garde, le centre hospitalier du Cateau, installé dans un secteur rural, n’a pas attendu le rapport Larcher pour prendre des dispositions.
L’acte de naissance de ce mariage historique – « Nous sommes deux en France », précise Renaud Dogimont, directeur de la structure – est signé en décembre 2006. Clinique des Hêtres, cabinet de radiologie et centre hospitalier emménagent ensemble dans ce qui deviendra le pôle de santé du Pays de Matisse. De Caudry à Landrecies, de Solesmes aux portes de l’Aisne, il cible environ soixante mille habitants.

Dispositif inédit


Cette union a un objectif très clair : la mutualisation des moyens que chacun juge indispensable dans un secteur rural. Sept ans de réflexion seront toutefois nécessaires. « On a commencé par mettre en commun le linge et la restauration », s’amuse M. Dogimont. Désormais, les chirurgiens de la clinique cohabitent avec les gynécologues de la maternité, et les urgentistes de l’hôpital croisent les radiologues du cabinet. Sans oublier la maison médicale de garde. À l’époque de sa création, il y a deux ans, ce dispositif est inédit au nord de Paris. Il accueille les médecins libéraux de garde dans l’enceinte du pôle de santé, à côté des urgences. Une autre préconisation du rapport Larcher.
« On a eu la chance d’avoir une stratégie en amont, observe M. Dogimont. Il fallait regrouper nos forces. Aussi parce qu’on était dans une situation critique. » Elle l’est beaucoup moins depuis un an. Les chiffres en attestent. « En 2008, l’activité de l’hôpital devrait augmenter de 14 %. L’an dernier, le nombre de passages aux urgences a gagné 54 %. C’est le fruit du partenariat, mais également de l’arrivée dans des locaux neufs pour lesquels on a beaucoup investi (22 ME). On a aussi dépensé 800 000 E dans du matériel médical. On a créé quarante emplois entre 2007 et les quatre premiers mois de 2008. Et, actuellement, on n’a plus de postes vacants, même pour les anesthésistes. » Quant à la fameuse liste des hôpitaux menacés, Renaud Dogimont en a bien pris connaissance. Alors, inquiet ? « Si Cambrai, Le Cateau et Maubeuge sont des hôpitaux fragiles, est-ce à dire qu’il n’y aura plus que Valenciennes ? Non, je suis relativement serein parce qu’on a su anticiper et prendre un train d’avance. » 


CHARLES-OLIVIER BOURGEOT
 

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