La Voix du Nord - Edition du jeudi 21 février 2008
Un recours plus facile pour la victime
Depuis quatre ans, il est plus facile de se faire indemniser en cas d’accident médical. En fait, depuis la création, en 2003, des premières commissions régionales de conciliation et d’indemnisation (CRCI)… Si cet accident est survenu après le 4 septembre 2001*.
Dans le Nord - Pas-de-Calais, environ 240 dossiers sont déposés chaque année, pour quelque 20 millions d’actes réalisés. Comment ça marche ?
Alain Huyghe a siégé pendant quatre ans et demi au sein de la CRCI de la région. Il en donne les clés.
>
Elle comprend 20 membres : dont un président (toujours un ancien magistrat), des représentants d’associations de victimes, des membres du corps médical, des établissements de santé, des assureurs, de l’ONIAM… Il est possible de télécharger le dossier à remplir sur Internet : http://www.commissions-crci.fr
>
Qui le demande ? La victime, son représentant légal, ou les ayant-droits si la personne est décédée.
Un conseil : « Se faire aider d’une association pour monter son dossier auprès de la CRCI. Elle en a l’habitude, notamment pour notifier les dommages subis. »
>
1) Taux d’incapacité permanente partielle d’au moins 25 %. « C’est par exemple la perte d’un oeil », explique Jacqueline Houdayer, présidente de l’Association des victimes d’accidents médicaux. « Ce n’est donc pas rien. »
2) Six mois consécutifs d’incapacité temporaire de travail (ITT), ou six mois non consécutifs sur un an.
3) Inaptitude professionnelle.
4) Troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence (TCE). « Ce critère, le moins restrictif, a été obtenu par les associations, précise Alain Huyghe. C’est la personne qui a dû aménager son logement suite à l’accident médical. Mais aussi une perte dans le cadre de ses loisirs… Ce qu’on faisait et qu’on ne fait plus… C’est un critère important pour les retraités, les chômeurs, ou les femmes au foyer qui ne peuvent pas arguer d’une ITT ou inaptitude professionnelle. » La réponse de la commission est rendue dans les quinze jours voire dans le mois.
>
Mais mieux vaut que la victime soit accompagnée d’un médecin expert – les associations en connaissent – car, en face. l’établissement ou le médecin mis en cause est souvent avec son assureur ou avocat. » L’expert doit rendre son rapport sous quatre mois. « Dans les faits, c’est plutôt cinq mois et demi. Dans le mois qui suit, la commission auditionne toutes les parties et rend son avis le jour même. »
>
>
* Sauf pour les victimes d’irradiations.









