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La Voix du Nord - Edition du jeudi 21 février 2008


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Trois affaires qui ont fait scandale

Le scandale des hormones de croissance s’ajoute à d’autres affaires qui ont aussi suscité beaucoup d’émotion.

•  Les hormones de croissance
Il y a environ vingt-cinq ans, le monde médical était-il conscient des risques de contracter la maladie de Creutzfeld-Jakob (MCJ) par le traitement aux hormones de croissance ? La question est au centre du procès qui doit durer jusqu’au 31 mai, au tribunal correctionnel de Paris.
Dans le box des accusés, sept médecins et pharmaciens doivent répondre de leur responsabilité dans la mort de 111 jeunes qui ont succombé à la MCJ pour avoir été traités dans les années 80 à l’hormone de croissance, parce qu’ils étaient de petite taille. À l’époque, cette hormone était fabriquée à partir de l’hypophyse, prélevée sur les cadavres dans les hôpitaux. Et c’est parce que cette glande située à l’arrière du cerveau était parfois contaminée que les enfants traités l’ont été à leur tour. D’autres pays ont choisi de suspendre cette collecte. Pas la France. Pourquoi ?

• Le sang contaminé
Autre exemple terrible de contamination : 5 000 personnes transfusées de 1983 à 1985 ont été infectées par le virus du sida. Un tiers d’entre elles sont mortes. En cause : des poches de sang contaminé lorsque le dépistage des donneurs de sang n’existait pas. Poches de sang que l’on a tardé à détruire. Par méconnaissance médicale ou souci d’économie.

Au terme de vingt ans de procédure judiciaire portée jusque devant la cour de cassation, la plupart des mis en cause ont bénéficié d’un non lieu. Décision encore contestée aujourd’hui par les familles de victimes. Parmi les mis en cause, il y avait trois ministres : Laurent Fabius alors Premier ministre, Georgina Dufoix, ministre des Affaires sociales et Edmond Hervé, secrétaire d’État à la Santé. Seul ce dernier a été condamné mais dispensé de peine.

• Les irradiés d’Épinal
C’est un accident de radiothérapie de grande ampleur. Une erreur de réglage de machine qui, entre mai 2004 et août 2005, a surexposé aux rayonnements, 4 500 malades traités pour un cancer de la prostate à l’hôpital d’Épinal. Vingt-quatre sont gravement irradiés. Cinq sont morts.
Il est aussi reproché à la direction de l’hôpital et aux médecins-chefs du service de ne pas avoir informé les patients de cette bavure médicale.
Soixante-trois plaintes ont été déposées jusqu’à présent.
CHANTAL DAVID

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