La Voix du Nord - Edition du mardi 18 mars 2008


SOCIÉTÉ
La justice rejette la demande d’euthanasie active de Chantal Sébire

Le tribunal de grande instance de Dijon a rejeté la demande d’euthanasie active formulée par Chantal Sébire, une patiente de 52 ans atteinte d’une tumeur incurable, suivant ainsi les réquisitions du procureur de la République. Elle ne fera pas appel.
« Même si la dégradation physique de Mme Sébire mérite la compassion, le juge, en l’état de la législation française, ne peut que rejeter sa demande. » Dans ses attendus, le juge affirme que la requête de Chantal Sébire « s’oppose au code de déontologie médicale, lequel dispose que le médecin n’a pas le droit de délibérément donner la mort ». Elle « s’oppose également au code pénal » qui condamne l’assistance et l’aide au suicide.
La garde des Sceaux Rachida Dati avait affirmé la semaine dernière que « la médecine n’était pas là pour administrer des substances létales ».
Chantal Sébire avait déjà annoncé qu’elle ne ferait pas appel. « Aujourd’hui, je ne peux plus rien faire, je suis alitée et c’est mon médecin, le docteur Debost, qui se rendra avec mon dossier demain à Paris » pour rencontrer le professeur Arnold Munnich, conseiller pour les questions médicales de Nicolas Sarkozy.

Aller mourir ailleurs
Le professeur Munnich avait proposé « qu’un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de professionnels de la santé du plus haut niveau pour que l’on s’assure ensemble que toutes les ressources de la médecine sont épuisées ».
Ce week-end, Mme Sébire avait affirmé savoir « comment me procurer ce dont j’ai besoin  », soulignant que si elle ne se « le procure pas en France » elle le fera «  ailleurs », en Belgique, aux Pays-Bas ou en Suisse où l’euthanasie active est dépénalisée.
Remonté, l’avocat de Chantal Sébire, a dénoncé l’« hypocrisie totale » de la décision de justice et lancé un appel à Nicolas Sarkozy pour changer la loi sur la fin de vie. « Notre loi est inhumaine. Il faut changer la loi car on voit qu’elle laisse des gens sur le bord de la route. On est dans une hypocrisie totale car il n’y a aucune différence entre la sédation terminale et celle qui provoquerait le coma, alors que provoquer un coma chez un malade en phase terminale est autorisé. En Belgique, où l’euthanasie active est autorisée, personne ne demande l’abrogation de la loi et il y a trois fois plus de lits palliatifs qu’en France. Je pense que nous sommes aussi civilisés que les Belges… »  •
 

Retour