La Voix du Nord - Edition du jeudi 20 mars 2008
Marie Humbert : « Mon combat continue »
Marie Humbert était abattue, hier soir. La mort de Chantal Sébire, ce sont une foule d’émotions qui lui revenaient comme une vague et la submergeaient. Le décès de Vincent, puis tous ses efforts, pour l’instant, insuffisants.
« Je suis bouleversée. J’ai essayé pendant cinq ans d’obtenir une vraie loi sur l’euthanasie. Et la semaine dernière, encore, quand j’ai entendu Bernard Kouchner parler d’exception, évoquer les souffrances de Chantal, j’ai de nouveau espéré. Et voilà… C’est à croire qu’ils voulaient qu’elle parte seule, pour n’embêter personne… » Ces dernières semaines, Chantal Sébire, depuis son domicile, d’où elle ne sortait plus, avait adopté les mots et les formes du combat de Marie : « Je suis consciente, je pense avoir le droit de choisir la mort plutôt que la souffrance. Je ne veux pas être hospitalisée, me placer sous des traitements qui me rendraient inconsciente. Je revendique, comme tous ceux qui se savent condamnés, de pouvoir décider de ma mort, en accord avec mon médecin traitant, et après décision d’un comité médical. » Les deux femmes ont beaucoup parlé, ces dernières semaines. « Nous avions un espoir commun », dit Marie Humbert. Désormais, sans sa nouvelle amie, elle dit : « Mon combat continue, parce qu’il y a d’autres Vincent, d’autres Chantal. » Elle est sur le point d’écrire à Carla Sarkozy : « Je l’ai rencontrée, il y a trois ou quatre ans. Elle était d’accord avec moi. J’espère qu’elle acceptera d’essayer de convaincre son mari. » En attendant, c’est François Fillon, hier, qui demandait à Jean Leonetti d’évaluer la loi de 2005. Le débat est relancé…
E. D.



