La Voix du Nord - Edition du vendredi 21 mars 2008


SOCIÉTÉ
Une enquête et une autopsie après la mort de Chantal Sébire

Malgré l’opposition de Gilles Antonowicz, son avocat, une autopsie a été pratiquée hier sur le corps de Chantal Sébire, qui a été retrouvée morte chez elle mercredi soir. Dans la soirée, les résultats n’en étaient pas encore connus.
La première explication avancée, dans l’entourage de l’ancienne professeure des écoles, est celle du suicide. C’est notamment Marie Humbert qui enrageait, à peine deux heures après la découverte du corps de Chantal Sébire. Et encore hier après-midi : « Voi- là cinq ans que je me bats, tout ça pour en arriver là, à une femme qui toute seule, chez elle, se suicide… »
Le droit au repos
Mais la justice a voulu en savoir plus. S’il a ordonné une autopsie, c’est sans doute que le procureur veut savoir si la maladie a pu emporter Chantal Sébire, ou qu’il cherche les traces d’un produit, ce qui met hors de lui Me Antonowicz : « Si Mme  Sébire s’était jetée dans le canal tout proche de son appartement, il n’y aurait pas eu d’enquête. Et là, ils font une autopsie, comme ils l’ont faite pour le fils de Marie Humbert… » Dans le même temps, hier après-midi, les proches de Chantal Sébire étaient entendus par les gendarmes. Il s’agit de savoir si quelqu’un était à son côté, en fin de journée de mercredi. On sait qu’elle avait trois enfants et un frère, qui étaient très proches d’elle, dont elle voulait être entourée au moment de sa mort, si on le lui avait permis.

C’est d’ailleurs sa fille, âgée de 29 ans, qui a découvert le corps, selon le procureur de Dijon, qui avouait également n’avoir dégagé « aucune indication forte », après la fouille de l’appartement.
« Maintenant, je pense que Chantal Sébire a droit au repos, et ses enfants Virginie, Vincent et Mathilde ont également le droit de faire leur deuil dans la sérénité », a martelé Me Antonowicz.
Et, manifestement agacé : « Si le procureur estime que la loi lui impose d’ouvrir une enquête et de rechercher les causes de la mort, ça montre vraiment que la loi est inhumaine dans sa stricte application. » Mais Patrick Devedjian, patron de l’UMP et ancien avocat, précisait hier soir que, même si Chantal Sébire avait été assistée, le procureur «  aurait très bien la possibilité de ne pas poursuivre ».
ÉRIC DUSSART


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