La Voix du Nord - Edition du mercredi 30 avril 2008
DEUX JOURS A TUER**
N’en déplaise aux grincheux, aux cyniques, aux intégristes de la cinéphilie, le nouveau film de Jean Becker recèle de très beaux moments. Doux et tendre, rugueux aussi un peu, voire caleux. La caméra alors sait se faire discrète, plus personne ne la ramène, ni les dialoguistes, ni les comédiens, ni Albert Dupontel ni Pierre Vaneck, magnifique ce dernier.
Avant que le héros s’en retourne à ses racines, jusque là on se sera surtout intéressé à un type d’une quarantaine d’années qui du jour au lendemain décide de tout plaquer, de tout renier, son boulot de faux-cul, sa famille, son arrogante existence petite-bourgeoise. Pourquoi ?
Réponse au terme de ce film crépusculaire qui commence mal – car il est vrai qu’il y a toujours une phrase à double sens de trop, un dialogue pompeux, une confession inutile, une situation abusivement caricaturale, dans le cinéma de Jean Becker – pour s’achever en beauté. Sur des plans en larmes, des gens éblouis par la vérité et la voix chevrotante de Serge Reggiani psalmodiant « Combien de temps encore ».. • PHL.









