La Voix du Nord - Edition du mercredi 21 mai 2008
INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL ***
Manifestement, la place d'Indiana Jones n'est pas dans un musée !
Pas besoin de pratiquer l’archéologie. Avec 900 copies disséminées sur tout le territoire hexagonal, vous n’aurez aucun mal à trouver une salle qui projette enfin, à partir d’aujourd’hui, le quatrième épisode des aventures d’Indiana Jones.
Il aura donc fallu attendre dix-neuf ans depuis La Dernière croisade pour voir Harrison Ford revêtir à nouveau le costume d’Indiana Jones. Un retour maintes fois différé en raison d’un difficile accouchement de scénario.
C’est le comédien lui-même qui a relancé l’idée en la proposant à un Steven Spielberg tout juste oscarisé pour La Liste de Schindler (1994).
Une dizaine de scénaristes se sont cassé les dents sur le projet. Et des milliers de rumeurs se sont répandues à travers le monde, annonçant une quête autour de l’Atlantide ou du jardin d’Eden. Mais c’est finalement vers la légende fascinante des crânes de cristal que s’est tournée l’imagination de Georges Lucas (Star Wars) et Steven Spielberg, les deux papas d’Indiana Jones. Sachez en effet qu’il existe douze crânes de cristal répertoriés, d’origine aztèque ou maya, apparus sur le marché des antiquités à la fin du 19e siècle, dont certains sont exposés dans quelques grands musées du monde. Peu importe que leur authenticité soit plus que douteuse. L’essentiel, c’est que des esprits savants (ou imaginatifs) assurent que ces crânes bénéficient de pouvoirs mystérieux. Sujet en or pour une aventure du plus célèbre des archéologues.
Secret absolu La production d’Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal a finalement débuté le 18 juin 2007 pour s’achever le 11 octobre de la même année, après avoir notamment traversé le Nouveau Mexique, le Connecticut, Hawaii, la Californie et des studios à Los Angeles… dans le plus grand secret. L’un des figurants s’est d’ailleurs brûlé les ailes en publiant sur son site internet des détails du scénario. Malheureusement pour lui, le jeune imprudent n’avait pas pris la peine de cacher son identité, malgré la clause de confidentialité l’obligeant au silence… Lucasfilm l’a assigné en justice tandis que Steven Spielberg a supprimé toutes les scènes où le jeune acteur apparaissait à l’écran !
A suivre ?
Le film a quant à lui été dévoilé en avant-première mondiale à Cannes, dimanche, à la faveur de la plus impressionnante montée des marches de ce 61 e festival (3 000 personnes amassées aux abords du tapis rouge).
Après les nazis, les Russes. Après la Seconde guerre mondiale, la guerre froide. Après la figure paternelle (Sean Connery, dans le troisième épisode), le retour d’une ancienne fiancée (Karen Allen, vue dans le premier opus). Et après le Saint Graal, une liaison directe avec une civilisation extra-terrestre ?…. Réponse dans les salles obscures, dès aujourd’hui.
Il semble en tout cas que Georges Lucas envisage ce film comme un nouveau départ, un peu à la manière de la nouvelle trilogie de La Guerre des étoiles. Steven Spielberg et Harrison Ford ne seraient pas opposés à cette idée non plus (même si Spielberg a déjà d’autres projets, dont une adaptation de Tintin et un film sur Abraham Lincoln). Il paraît cependant que plusieurs acteurs de cet Indiana Jones ont déjà signé pour un total de trois nouveaux films mettant potentiellement en scène l’aventurier. Ne rangez pas le fouet tout de suite ! • C. C.
La saga Indiana Jones : - « Les Aventuriers de l’arche perdue » (1981).
- « Indiana Jones et le temple maudit » (1984).
- « Indiana Jones et la dernière croisade » (1989).
- « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal » (2008).
- Sans oublier une série télévisée inspirée des films et intitulée « Les Aventures du jeune Indiana Jones » (1992-1994), dans laquelle on a pu croiser Ronny Coutteure, comédien originaire du Nord-Pas-de-Calais.
GÉNÉRIQUE
Réalisateur : Steven Spielberg
Interprètes : Harrisson Ford (Inidiana Jones), Cate Blanchett (Irina Spalko), Shia LaBoeuf (Mutt Williams)
Durée : 2h03
RÉSUMÉ
Le célèbre archéologue aventurier Indiana Jones fait équipe avec un jeune motard rebelle pour retrouver le crâne de cristal d'Akator, qui suscite autant de fascination que de craintes.Mais nous sommes dans les années 50, en plein guerre froide, et les Soviétiques poursuivent la même quête.
CRITIQUE
Ça démarre sur les chapeaux de roues, et sur un petit air d’American Graffiti, dans un désert américain, non loin d’un hangar militaire qui ressemble étrangement à celui où était stockée l’arche perdue à la fin des premières aventures d’Indiana Jones. Ça s’achève en terre maya, dans un déluge d’effets spéciaux évoquant E.T. et Rencontres du troisième type du même Spielberg. Entre-temps, Henry Jones 2 se dégote un faux frère, un fiston, une ex-amoureuse et future épouse puis une nouvelle ennemie, de type soviétique… De l’intrigue, autant n’en dire pas davantage puisque les scénaristes jugent bon de s’en débarrasser très vite, assujettis qu’ils sont à l’implacable mécanique de mise en scène imaginée par le réalisateur qui a la décence, une fois n’est pas coutume, de ne pas s’aventurer sur le terrain miné de l’émotion.
En deux heures de temps déboulent quatre gros - et réellement impressionnants - morceaux de bravoure. Côté touristique, des grottes, des temples, de la jungle, des rapides et de l’Amérique du Sud. Rien de révolutionnaire pour autant. Du savoir-faire et de l’explication de textes, de l’humour, du plaisir, du divertissement et du meilleur dans un genre qui de l’originalité ne fait pas sa priorité…
PH. L.









