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La Voix du Nord - Edition du mercredi 28 mai 2008


SEX AND THE CITY
Les quatre New-yorkaises perdent un peu de leur mordant, pas de leur glamour

« Sex and the City », série télévisée culte montrant pour la première fois des femmes parler cash de sexualité, fait son cinéma dans le respect du style qui a fait son succès.


Les hommes, le sexe et l’amitié et la carte bancaire restent au coeur de l’intrigue du film, où l’on retrouve les quatre New-yorkaises chics et choc, quatre ans après la dernière saison. Désormais casées et proches de la quarantaine, elles s’apprêtent à vivre l’heureux événement auquel elles ne croyaient plus : le mariage de Carrie avec « Big », son grand amour. Et apprennent au passage que la vie à deux n’est pas forcément idyllique.


Doyenne de la bande, Samantha (Kim Cattrall), reine des relations publiques sur la Grosse pomme et nymphomane assumée, a fini, à bientôt 50 ans, par relever le défi de la monogamie, acceptant même de s’exiler à Los Angeles pour se consacrer à la carrière de son compagnon. Mais entre deux bols d’air pur et cours de sushis, la blonde au sang chaud se languit de son ancienne vie.

Fidèle à la série

 

Miranda (Cynthia Nixon), brillante avocate à l’esprit caustique, s’épuise pour sa part dans les allées et venues imposées par son statut de mère qui travaille, au point de négliger son mari et de s’en voir brutalement imposer les conséquences.


À l’inverse, Charlotte (Kristin Davis) vit un rêve de félicité domestique entre son mari, et Lily, la fillette chinoise qu’ils ont adoptée, jusqu’à ce que l’annonce d’une grossesse inespérée vienne bouleverser son équilibre.


Quant à Carrie (Sarah Jessica Parker), elle mène enfin une relation stable avec John. Les tourtereaux s’apprêtent non seulement à emménager dans un appartement de la 5e avenue, mais également à franchir le grand pas : à 40 ans, Miss Bradshaw, l’icône des célibataires de New York, se fait passer la bague au doigt. Ou presque.


Rassurons les fans : le film reste fidèle à la série, tout en étant accessible aux néophytes. Mêmes acteurs, même dialogues salés et une esthétique «  girlie » assumée. Les fondamentaux sont toujours là : déjeuners entre copines, tenues griffées à profusion… Et beaucoup de cris perçants, les décibels augmentant par ordre d’importance à : 1) l’annonce d’un mariage ; 2) l’arrivée surprise d’une copine ; 3) la vue d’un sac Vuitton. Tant et si bien que les initiés peuvent avoir l’impression de regarder une septième saison fictive et condensée (2 h 30, quand même).


Le format long métrage impose néanmoins à la narration un rythme plus lent, et la réalisation de Michael Patrick King, également scénariste du film et de la série, exploite généreusement les sites pittoresques de New York.


Le casting s’enrichit en outre d’un nouveau personnage : Louise, l’assistante de Carrie, interprétée par Jennifer Hudson (oscar du second rôle pour Dreamgirls). Si elle n’a pas la silhouette élancée des quatre inamovibles et affiche 15 ans de moins au compteur, Louise de St-Louis partage les mêmes espoirs et leurs interrogations sur les hommes. Lesquelles ont toutefois sensiblement évolué - maturité oblige. Ces dames ayant en effet enfin trouvé l’âme soeur, leurs piques sur les mots – et les maux – des hommes qu’engendraient leurs multiples aventures amoureuses se font plus rares.


Un tantinet plus « Love and the City », donc, que la série aux multiples récompenses (sept Emmy Awards sur 50 nominations en six ans), Sex and the City - Le film n’est heureusement pas allé jusqu’à sacrifier l’humour, sa marque de fabrique, sur l’autel du romantisme.
Reste à s’interroger sur ce fantasme de féminité friquée, aliénée à des stéréotypes consuméristes et sexuels pour presse people de bas étage.

 

 

GÉNÉRIQUE

RÉALISATEUR : Michael Patrick King

INTERPRÈTES : Sarah Jessica Parker (Carrie Bradshaw) Kim Cattrall (Samantha Jones) Cynthia Nixon (Miranda Hobbes) Kristin Davis (Charlotte York).

DURÉE : 2 h 15
 
RÉSUMÉ
Pour écrire sa chronique « Sex and the city », Carrie s’inspire de sa vie et de ses rencontres, mais aussi de celles de ses amies Samantha, Charlotte et Miranda.

 

 

Voulez-vous jouer à devenir Carrie ?

« Les producteurs ont toujours dit que New York était la cinquième fille de la série », rappelle une guide du circuit touristique consacré à «  Sex &the City ». Avec ses collègues, elle entraîne chaque semaine un millier de touristes sur les traces des quatre piquantes ex-célibataires, des marches du perron où Carrie fume ses dernières cigarettes, jusqu’à la pâtisserie où Miranda gobe des cupcakes, en passant par la boutique de sex-toys où trouver le fameux « lapin » qui rend dingue la prude Charlotte… Les touristes peuvent ainsi jouer à Carrie et ses amies, en sirotant des Cosmopolitan – qui sont à l’héroïne ce que la vodka-martini est à James Bond – dans les mêmes clubs à la mode. «” Sex &the City” est une des meilleures publicités de tous les temps pour la ville de New York », explique le directeur de l’office du tourisme. Chaque épisode passe en revue les hauts lieux de l’élite branchée de la ville.
Pour les plus fortunés, une société propose un séjour de quatre jours à partir de 15 000 dollars (9 700 euros), avec dîner dans les meilleurs restaurants fréquentés par les quatre célibataires, shopping dans les boutiques à la mode avec une styliste personnelle et même, en option, un arrêt en institut pour quelques injections de botox…


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