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La Voix du Nord - Edition du mercredi 23 juillet 2008


LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE ***
Cinq jours décisifs dans une famille comme les autres

« Le Premier jour du reste de ta vie »… Eh bien voilà, on le tient notre coup de coeur de l’été. Le petit film sympathique qui, à défaut de remplir les pages d’une future anthologie du cinéma, inondera votre humeur d’allégresse et de mélancolie.


Un film qui procure autant de plaisir qu’une bobine super 8 que l’on se projetterait un dimanche après-midi. En famille évidemment, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Un couple, trois enfants. Et, l’oeil rivé dans le trou de la serrure, un réalisateur scénariste, déjà titulaire d’une franche réussite ( Ma vie en l’air, 2004).


Rémi Bezançon réserve une journée décisive à chacun des membres de cette cellule familiale. Cinq jours qui font que rien n’est plus comme avant. Chacun aura la sienne, suivant sa propre logique cinématographique : le mari (Jacques Gamblin, impeccable), chauffeur de taxi amateur de guitar hero  ; la femme (Zabou Breitman, de plus en plus belle avec l’âge), mère poule et épouse en plein questionnement qui décrète une soudaine envie de reprendre des études ; un fils aîné caractériel et angoissé, promis à une solide carrière ; un autre fils, placide créature qui vit dans ses rêves, amoureux fou d’une fille à qui il n’a parlé que cinq minutes ; et la petite dernière de 16 ans, révoltée tendance Kurt Cobain, qui ne choisira pas avec le meilleur soin l’opportunité de perdre sa virginité.

Comédiens dans le tempo

Il faut savoir passer outre ce qui s’annonce comme une litanie de banalités pour se laisser bercer par la petite musique que le film parvient indiscutablement à trouver. Engueulades, coups de blues, échanges complices et sentences existentielles sur l’héritage qu’on transmet ou l’ingratitude d’être parent, avec la vieillesse en ligne de mire… Tout y passe mais avec une retenue qui s’efforce de trouver son chemin entre l’humour lourdingue ou la sensiblerie facile. Le cliché est ici amadoué par une bonne foi salutaire qui lui donne ses véritables lettres de noblesse, et par une troupe de comédiens parfaitement dans le tempo. De quoi pardonner quelques maladresses de style et une bande son très pop-rock assez réjouissante mais parfois envahissante.
On défie quiconque de ne pas se retrouver dans au moins une séquence de cet album de famille drôle, émouvant et juste qui s’étale sur une douzaine d’années en nous tendant un miroir réfléchissant par la même occasion une émotion à coup sûr communicative.

  CHRISTOPHE CARON

Écrit et réalisé par Rémi Bezançon, avec Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin, Pio Marmaï. 1 h 54. Comédie dramatique.

 

 

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